
Un nouveau musée : Abby à Courtrai
La directrice Sarah Keymeulen évoque ses ambitions et ses rêves

Un subtil pincement de fesses, accompagné du texte ‘Permis de toucher’. Peut-être avez-vous aussi remarqué les affiches accrocheuses d’Abby ? Ce tout nouveau musée courtraisien présente l’art de manière ludique et accessible. arce que l’art doit être accessible à tous. C’est aussi la devise de Sarah Keymeulen, directrice et véritable pilier d’Abby. Nous avons discuté avec elle de l’ouverture prochaine de son musée.
Pour célébrer son ouverture, Abby organise un week-end festif inoubliable : rendez-vous à Courtrai les 29 et 30 mars pour découvrir l’installation de Rinus Van de Velde, participer à des ateliers, danser au rythme des DJ et même tenter votre chance à la pêche aux canards ! Découvrez le programme complet sur le site web.
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Un musée d’une petite cité devenu pionnier
Nous avons rencontré Sarah un peu moins de deux semaines avant l’inauguration. Une période intense et chargée pour l’équipe du musée, mais elle est particulièrement impatiente : « Tous les concepts et toutes les idées qui semblaient si abstraits pendant si longtemps se révèlent aujourd’hui dans la réalité. Les travaux graphiques passent par l’imprimante, les œuvres d’art arrivent... c’est très émouvant de voir tout cela prendre vie. »
« La situation d’Abby telle qu’elle se présente aujourd’hui n’était pas prévue à l’origine », nous confie Sarah. « Au départ, l’ambition était beaucoup plus modeste : Courtrai souhaitait simplement compléter le Musée de la Bataille des Éperons d’Or avec un petit musée de la ville, un endroit où exposer la collection locale. J’ai rejoint le projet à ce stade très précoce, avec l’éditeur Gautier Platteau, pour réfléchir à une nouvelle idée qui est devenue au fil du temps de plus en plus ambitieuse. Le Musée de la Bataille des Éperons d’Or a trouvé un nouvel écrin,libérant ainsi l’abbaye pour nous. Nous avons trouvé les moyens nécessaires pour mener à bien une rénovation beaucoup plus radicale. Le concept est ainsi passé d’un musée communal local à un musée d’art visuel innovant et prestigieux. »
Abby, un musée unique en son genre
En quoi Abby est-il si spécial ? Vous pouvez non seulement aller y admirer des œuvres d’art, mais aussi interagir avec elles ou en créer vous-même. La participation est le fil conducteur du projet Abby. Boire un verre avec des amis parmi les œuvres d’art dans le salon, suivre une séance de yoga ou assister à un concert, partager votre recette de famille au café Abby ou prendre part à un atelier d’art dans un studio fascinant : ici, vous faites partie intégrante du musée.
« On nous pose souvent la question de savoir si nous nous sommes inspirés d’un autre musée. Vous ne trouverez aucun musée en Belgique aujourd’hui qui soit comparable à Abby », souligne Sarah. « Aux Pays-Bas, par exemple, les musées ont une approche très novatrice en matière de fonctionnement public, mais pour notre fonctionnement participatif, nous avons plutôt regardé du côté des espaces culturels ouverts, comme Le Centquatre à Paris, ou même des lobbys d’hôtel. »
La différence avec Abby, c’est que nous pensons à l’ensemble de votre expérience au sein du musée, du début à la fin. Nous avons encore des salles de musée classiques, mais tout ce qui se passe autour est différent.
Les expositions du musée sont-elles radicalement différentes ? Sarah est formelle : « Non, la plupart des œuvres d’art méritent simplement d’être présentées dans un contexte muséal, et nous ne faisons pas de compromis sur ce point. La différence avec Abby, c’est que nous pensons à l’ensemble de votre expérience au sein du musée, du début à la fin. Nous avons encore des salles de musée classiques, mais tout ce qui se passe autour est différent. »
Pour Sarah, une visite réussie est celle qui permet au visiteur de sortir de sa routine quotidienne. « L’art est une chose à laquelle chacun peut s’identifier. Au cours de votre visite, vous pourriez être confronté à un élément qui vous interpellera, peut-être apprendrez-vous quelque chose ou peut-être vous détendez-vous tout simplement. »

Dans le Salon de Rinus Van de Velde
La possibilité de toucher vous est donnée dès l’entrée. Le Stadsliving (Salon de la Ville), situé à côté de l’accueil, est une sorte d’installation artistique où les visiteurs peuvent boire un verre, bouger les chaises, assister à des discussions avec les artistes et bien d’autres choses encore. » En fait, en tant que visiteur, vous évoluez au milieu d’une œuvre d’art », explique Sarah. « C’est une expérience pour vous, mais aussi pour l’artiste. »
Le premier artiste à investir le Stadsliving est Rinus Van de Velde. « Pour nous, c’était la personne idéale pour donner le ton », explique Sarah. « Rinus réalise souvent des installations, c’est une personne très curieuse par nature. Il a aménagé l’espace de manière extrêmement réfléchie, créant ainsi un cadre pour les artistes qui lui succéderont. »
Le Stadsliving est également le lieu où est présentée la collection de la ville. Un artiste plonge dans la collection et présente une sélection d’œuvres dans une vitrine murale. « Un artiste ne choisit pas toujours les objets les plus représentatifs sur le plan de l’histoire de l’art. Parfois, des éléments étonnants se glissent entre les deux, et c’est ce qui rend l’exposition fascinante. Car pourquoi une chose serait-elle de l’art et pourquoi ne serait-elle pas ? C’est une discussion que nous aimons provoquer. »
Un banc des murmures en guise de clin d’œil
Au musée Abby, rien n’est le fruit du hasard. « Nous faisons de nombreux clins d’œil à l’endroit où Abby est installé, à savoir l’ancienne abbaye de Groeninge. Elle a toujours été un lieu très fermé, mais où les gens pouvaient réfléchir, créer et admirer la beauté. Tous ces aspects sont présents à Abby, mais d’une manière contemporaine et artistique. »
L’un des endroits préférés de Sarah est un clin d’œil : « Dans notre café, une grande fenêtre donne sur le jardin en patio. Nous y avons disposé un joli banc dont un côté donne sur le jardin et l’autre sur le café. Il s’agit d’un rappel des bancs victoriens utilisés pour murmurer. Il s’agissait d’endroits où l’on pouvait mener des conversations difficiles ou discrètes. Vous n’êtes pas obligés de vous regarder et vous pouvez échanger des idées de façon indirecte ».
Sarah rayonne lorsqu’elle parle d’Abby. » Ce qui me rend la plus fière, c’est peut-être le fait que nous ayons accompli tant de choses avec une équipe aussi restreinte, mais super motivée. Tout cela en l’espace de trois ans. Nous avons tout conçu dans les moindres détails et je suis très heureuse de constater que tout se met en place de manière aussi harmonieuse. »

Un citytrip à Courtrai ? Voici les conseils de Sarah
Vous souhaitez profiter de votre visite à Abby pour faire un tour à Courtrai ? Voici ce que Sarah vous recommande :
- Visitez la Verrijzeniskerk : « ma préférence absolue, vraiment un bâtiment fantastique ! »
- Rendez-vous à Texture, Musée du lin et du textile (également gratuit avec le pass musées) : « notre musée jumeau devient de plus en plus captivant, un visite à ne pas manquer »
- Sillonnez la ville en empruntant une agréable promenade au coeur de la belle architecture moderniste
- Un brin de culture en plus ? Passez du côté du Wilde Westen ou du centre d’activités artistiques BUDA
- Installez-vous confortablement à table, car « Courtrai est vraiment un paradis pour les gourmets »

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